Un sentiment mitigé

Un défilé de navettes
6 h 30 le défilé des navettes s’organise non loin du site du Mémorial de Caen pour amener les coureurs aux départs des trois courses. En effet, ce 10 juin 2007 vont se courir simultanément le 10 KM, un semi et un marathon.
Les parkings ne manquent pas pour garer ma voiture et je trouve sans difficulté la navette qui va me conduire à Mathieu ; ville de départ du 10 KM de Caen. Il faut signaler que les bénévoles présents sur place orientent efficacement les coureurs et les chauffeurs de bus ont le sourire.
Arrivée à Mathieu, nous sommes débarqués à 1 km de la ligne de départ, à proximité d’un terrain de foot où nous allons pouvoir nous échauffer. Quatre toilettes mobiles sont piquées là. Elles sont tout de suite prises d’assaut. Aussi, beaucoup d’entre nous se dirigent vers le champ de blé voisin. Le réchauffement climatique a du bon : les blés étant en avance, nous sommes suffisamment dissimulés pour préserver un semblant d’intimité…
Après cette halte champêtre, rafraîchissante à cause de la rosée, mais surtout « soulageante », je m’installe à l’ombre, les jambes allongées. Le soleil est déjà bien présent même à 7 h 30 du matin. Petit à petit, le flot des coureurs envahit l’avenue boisée qui sert d’aire d’attente.
Une course populaire
J’observe tout ce petit monde. Beaucoup de coureurs portent le maillot d’un magasin de grande distribution bien connu et implanté dans la région. Sans doute, bon nombre d’entre eux courent très occasionnellement. Un coureur par la tenue (mais peut-être pas par la condition..) fume une cigarette qui empeste l’atmosphère. Une des participantes me raconte qu’il lui faut faire trois courses dans l’année pour porter le maillot de sa « boîte » ; enfin ajoute-t-elle trois courses … qu’il faut finir !
C’est une course populaire qui réunit aussi bien des coureurs aguerris que des joggeurs épisodiques, voire même qui participent pour la première fois à une compétition (la suite le confirmera).
Je vais déposer mon sac de sport dans le camion vestiaire.
8 h : échauffement puis 3 minutes avant le départ je me dirige vers les sas. Trois options : - de 40 mn ; - de 45 mn ; - de 50 mn. En fait de sas, il s’agit de pancartes clouées sur les arbres ; à charge pour chacun de se répartir en fonction de son temps estimatif.
Une organisation qui a beaucoup à revoir
8 h 30 le starter retentit.
Et là j’ai vu tout et n’importe quoi. Les coureurs avertis, ont, je pense, respecté leur sas, sachant combien les départs sont stratégiques. Les autres… ont pas mal bloqué la progression. Il m’a bien fallu une petite minute pour passer la ligne de départ. Je comptais sur la puce pour que mon temps soit effectif à ce moment-là, mais il semblerait que ce ne soit pas le cas… heureusement que je déclenche toujours mon chrono au moment où je la franchis.
Les deux premiers kilomètres n’ont été qu’une suite d’accélérations et de ralentissements. Il a bien fallu dépasser les coureurs qui n’avaient pas respecté les sas de départ, ralentir quand les rues étroites de Mathieu étaient encombrées de monde, négocier les relances puis accélérer à nouveau pour dépasser les personnes qui marchaient, éviter les trottoirs et les parpaings qui lestaient les barrières de sécurité et ainsi de suite…
Une course doit permettre à chacun d’y trouver son compte : se faire plaisir, chercher le chrono, faire sa première course, battre son record, se qualifier…
Bref, j’arrête de me plaindre. J’ai tout de même un goût amer dans l’arrière gorge et je reste persuadée que l’organisation a beaucoup à revoir à ce niveau-là.
Pour avoir discuté avec quelques coureurs après la course, je peux dire que ce sentiment est partagé.
Un parcours agréable
Le parcours en lui-même est agréable avec de légers faux plats sur une bonne moitié du parcours. Je profite comme tous les coureurs de l’épongeage du 5ème kilomètre. La chaleur commence à se faire sentir. Le ravitaillement en eau (bouteille de 33 cl) au 6ème kilomètre est vraiment indispensable pour moi. Même si je ne bois pas beaucoup, je m’asperge. Des ravitaillements solides sont également proposés.
Je remarque que pas mal de coureurs n’ont pas de casquette : grosse erreur à cette saison.
Le passage ombragé, dans une très longue allée mi-herbe mi-terre, rafraîchit et redonne un peu de rythme à la course. Les animations (orchestre et sono) sont les bienvenues lors de la traversée des villages (Mathieu ; Cambes en Plaine ; Epron ; Saint-Contest) et les spectateurs, en petit nombre mais présents par leurs encouragements, permettent de s’accrocher surtout dans les trois derniers kilomètres, plus plats.

Le dernier kilomètre me semble interminable, trop chaud, peut-être un peu de fatigue aussi. J’essaie cependant de garder le rythme.
Le chrono officiel indique à l’arrivée 49’43 ; temps réel : 48'39.
Je reprends mon souffle et je reste un bon moment près des barrières pour récupérer. Je rends ma puce.
Je passe au ravitaillement pour boire une boisson gazeuse. Je reçois une petite bouteille d’eau et une demi banane. Une bénévole me dit qu’elle est sur place comme beaucoup d’entre eux depuis 7 heures du matin. A noter qu’ils ont remarquablement assuré. Je me dirige ensuite sous une tente pour redonner mon dossard et recevoir un T-Shirt (maillot technique).
Je sors de l’aire d’arrivée pour récupérer mon sac et surtout remplir une lourde mission : prendre des photos et me faire prendre en photo.
Je retourne à ma voiture, 500 mètres de marche puis 10 minutes de retour au calme autour du parking, 5 minutes d’étirements.
Je reste sur un sentiment mitigé : heureuse comme à mon habitude d’avoir couru mais déçue par l’épreuve.
Je ne referai pas cette course.