COURSE A PIED : INFOS PRATIQUES, PHOTOS, TEMOIGNAGES, CROSS, RAIDS, ULTRA, MARATHONS, SEMI-MARATHONS, 10 KM...
UNE AVENTURE AU BOUT DU MONDE, UN VOYAGE AU BOUT DE SOI-MEME...
2EME ETAPE : ET L'IMPENSABLE SE PRODUIT...
19 NOVEMBRE 2006 - 2EME ETAPE 24 KM (dénivelé + 250 mètres) - température moyenne 30°
Le profil du parcours en descente et ma sciatique du sacro iliaque n'étaient pas faits pour m'avantager. Stéphane a pris la tête comme à son habitude sans la quitter jusqu'à la fin. Patrick CANDE, Fabrice GIREL et moi-même avons fait une bonne partie du parcours ensemble. Après le ravitaillement du 16ème km, pendant une descente abrupte, virage en angle droit et le drame se produit....
Mon pied gauche roule sur une pierre, je sens un craquement. Je réussis à éviter la chute grâce à mon pied droit qui me stabilise. Mais j'hurle de douleur. Fabrice et Patrick s'arrêtent. Je leur demande de continuer sans moi et de ne pas m'attendre. Je réalise que c'est une entorse. Pendant un instant, je reste figé et complètement anéanti. A cet instant, je pense que la course est terminée pour moi. Je décide de continuer à trottiner "pour voir". Malgré la douleur et le pied qui enfle, je termine les 8 derniers kilomètres en roue libre. Je finis l'étape quatrième en 2H15.
A l'arrivée REGIS comprend immédiatement la situation. Il me demande de m'allonger, de garder les pieds en l'air et me met de la glace. Il appelle PIERRE, le médecin. Patrick CANDE a le visage totalement décomposé en regardant l'état de ma cheville.
l'espoir de pouvoir continuer
PIERRE examine et palpe ma cheville et me dit : "tu es bon pour la radio". En entendant cette phrase, le monde s'écroule. Je lui explique, comment cela est arrivé et le fait que j'ai pu rejoindre l'arrivée en courant. Il me dit "dans ce cas on va attendre ce soir.
Tu gardes les pieds en l'air tout le temps, je te donne un anti-inflammatoire et on te met une attelle ». Le kiné me masse avec une pommade à base d'arnica et je respecte la consigne toute l'après-midi. Secrètement, je garde l’espoir de pouvoir continuer, malgré les visages catastrophés et l'ambiance pessimiste qui règne autour de mon cas.
Pour le repas, Pierre est venu me chercher avec la mobylette mais le soir, je décide de venir prendre mon dîner en marchant avec l'attelle. Les sensations sont bonnes. CLAIRE examine ma cheville et par miracle, elle est moins enflée. A ma demande, elle me met un élasto et me donne des comprimés antidouleur pour la nuit.
J’ai dormi les pieds en l'air avec une attelle mais la douleur était présente à chaque instant. Une courte nuit car l'’étape suivante était de nuit !
3EME ETAPE : CA PASSE OU CA CASSE !
20 NOVEMBRE 2006 - 3EME ETAPE 28 KM (dénivelé + 1080 m) température moyenne 30 à 35°
Je me lève à 3 heures et je marche pour faire un essai, sensation moyenne mais encourageante. Je sens une fragilité et une faiblesse du côté gauche avec une petite douleur lorsque je pose le pied au sol. Je vais essayer, on verra.... Sur le coup de 5h, après un transfert en taxi brousse, avec nos frontales sous peine de courir dans l’obscurité, nous sommes partis ensemble en restant groupés dans la première partie. PIERRE nous l’a conseillé à cause des serpents qui sortent la nuit.
Le kilomètre de vérité
Avec les premières lueurs du jour la course s’est décantée. Avec beaucoup d’appréhension, j’ai pris le départ en dernière position en faisant attention à ma foulée. Mes chaussures de trail pour la stabilité et l'elasto me rassuraient. C'était le kilomètre de vérité. Ca passe ou ça casse. Je serre les dents et mes premières foulées sont empreintes de maladresse. Je cours comme un canard, mais je cours. je prends l'ascendant psychologiquement et de l'assurance. Au 8ème km, je sais, enfin ! Il n’est plus question de lâcher prise et à force de poigne et de rage contre la fatalité je termine cette étape en 7ème position en 3H07. Je perds deux places au général mais qu'importe, je suis toujours là et je fais ma course. L'arrivée est une délivrance et une victoire sur moi-même. Cette étape est la plus dure que j’ai disputée depuis que je cours.
A l'arrivée, REGIS est affolé car ma cheville a enflé et doublé de volume. Je m'allonge, pieds en l'air et on m'apporte de la glace. Je reste ainsi une heure trente et je bois 4 litres d'eau. Je suis conscient à cet instant des risques que j'ai pris et de l'ampleur de ma victoire sur moi-même et sur le mauvais sort.
Crédit photos : Jean-Pierre Filatriau 06 82 58 00 37
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